Blog de Bastien ARNETTE

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Accessibilité pour tous ?

Cet article fait suite à un tweet sur la question de l'accessibilité. Le sujet ne m'est pas étrangé pour deux raisons :

  • ayant codé quelques sites, on se demande au début à partir de quand on est "accessible".
  • j'ai des parents hôtelier, dont le bâtiment à deux étages.

tweet_accessibilite.png

C'est sur cette deuxième raison que je vais m’arrêter. Je pense être quelqu'un d'attaché aux libertés individuelles et aux bonnes pratiques améliorant la vie de tous (je valide toujours mon code au W3C, qui me rappel que l'attribu alt d'une image est très apprécié par les malvoyants/non voyants) et j'espère que mes propos ne seront pas (trop) détournés. J’entends bien les arguments présenté par certains qui en dénigrent d'autres (avec des titres volontairement partiaux pour des citations pas toujours stupides) mais il ne faut pas oublier que dans le monde actuel, tout à un coût (c'est un constat bien amer pour moi aussi). Donc soyons pragmatiques 2 minutes.

Prenons un hôtel/restaurant de 10 chambre, construit à flanc de colline,dont les deux seuls étages sont accessibles directement depuis l'extérieur. Je ne parlerais pas des normes de la chambre prévu pour les fauteuils roulants (faut pas exagérer non plus) mais seulement de l’ascenseur. Oui, la norme imposait au moment de la construction du bâtiment (2000) la construction d'un ascenseur pour les éventuelles Personnes à Mobilités Réduite. Je ne parlerais pas non plus du coût de construction de l'engin, mais seulement de sa maintenance, qui coûte à l'année un bon millier d'euros pour un maximum de 5 utilisations par an. Je ne doit pas être le seul à trouver cela un poil sur-dimensionné ? Je ne veut pas dénigrer les PRM, étant moi-même souvent en marge je peut tout à fait comprendre le sentiment d'exclusion social (placez ici tout problème de linuxien arrivant dans le monde réel ou immatériel des administrations) mais juste essayer de porter le débat un peu plus loin : le problème, es-ce vraiment que le reste du monde déteste les handicapés ? ou même les linuxiens ? ou plus généralement toute personne "différente" d'un norme que l'on semble avoir collectivement érigée ? Non, pour moi le problème est bien loin de là, je pense que nous cherchons trop à remplacer des best practices par des normes imposés : si j'ai fait l'effort que mon site puisse être consulté par un mal voyant, celui-ci n'en sera il pas plus heureux de pouvoir le lire que si cela était normal ? Je ne parle bien sûr que de la sphère semi-privé, le site d'une administration devrais naturellement pouvoir accueillir tout ses citoyens de manière égal, qu'ils n'ai pas de player flash ou d'yeux.

Tout cela pour dire qu'il me semble désormais contre-productif de souhaiter imposer des normes par une voie légal pour défendre l'intérêt d'un groupe (même si c'est pour de bonnes raisons comme pour les PMR). Une base commune est toujours souhaitable, mais l'essentiel devrait être dicté par ces communautés elles-mêmes comme, par exemple, via un label indépendant d'accessibilité, valorisant les lieux accessibles. Car dans notre monde où l'argent est roi, il me semble n'exister que deux solutions : soit former des communautés d'intérêt plébiscitant les endroits qui leurs sont convenables, soit renoncer à l'argent pour mettre en place une société plus humaine.

Microformats (ou comment prendre un coup de vieux)

microformatsAlors que je cherchais comment donner proprement une carte de visite sur Internet avec l'ancestral export de vcard (l'équivalent de la carte de visite papier mais lisible par les carnets d'adresses électroniques) j'ai (re-)découvert ce que l'on nomme le web sémantique. Pour faire simple, le web était jusqu’à maintenant assez bête et ne fonctionnait que par mot clefs : je vais sur un moteur de recherche, je lui donne des mots et lui fait apparaître des résultats contenant ces mots. Cela n'étant pas très fiable, les moteurs actuels utilisent quantité d'autres informations pour essayer de dégager les plus pertinentes : nombre de visites, nombre de liens pointant vers ce site... le plus visité étant certainement le plus pertinent. L'ordre des mots clef dans la recherche étant souvent pondéré (le 1er mot est le plus important, le 2ème un peu moins...). Ces arrangements techniques permettent de donner un peu de cohérence ) une masse d'information en constante expansion.

La sémantique

La sémantique est une branche de la linguistique qui étudie les signifiés, soit, ce dont parle un énoncé. Wikipedia Clairement, c'est ce dont le web à besoin : un moyen pour les machines de comprendre que "paris match" est un journal et donc nullement lié à un évènement sportif sur paris. Si vous avez lu mes articles sur les RMLL, cela devrait vous rappeler quelque chose.

L'exemple

Prenons un morceau de page web qui ressemblerait à

Mr Paul Dupond
Tel 0987654321
mèl p.dupond@example.net
Télécharger la carte de visite

Dans ce cas traditionel, on a des informations de contact dans la page, à destination de vos yeux et accessoirement reprises sur les moteurs de recherche. La dernière ligne étant un lien permettant de télécharger la vCard. Les données de la page et de la vCard n'étant pas lié, un changement de numéro téléphonique demandera deux modifications car il s'agit des mêmes données mais dans deux format (il faudra également pour Mr Dupond refaire ses cartes de visite papier qui représente la même information mais dans un troisième format)

Dans un avenir assez proche, cela ressemblerais à cela

Mr Paul Dupond
Tel 0987654321
mèl p.dupond@example.net
Importer la carte de visite

Non, je ne vous vend pas du flan depuis tout à l'heure, la différence entre les deux n'est pas que sémantique (télécharger/importer). Derrière ces deux exemples se cache du code de balisage HTML que vous ne voyez pas : il est utilisé par votre navigateur pour mettre en page le contenu (si je met <p> de part et d'autre d'un paragraphe, le navigateur comprend qu'il doit le mettre en forme comme tel). C'est là que l'évolution arrive : alors que HTML servait surtout à mettre en page, de nouveaux mots viennent enrichir son vocabulaire pour préciser le sens. On peut désormais clairement identifier un numéro de téléphone ou des cordonnées GPS sur un site pour proposer de composer ce numéro directement sur son portable. C'est ainsi que la fiche de Mr Dupond ne se télécharge plus, mais s'enregistre directement dans notre client de messagerie.

La preuve

Un exemple est disponible ici avec un code commenté et quelques bidouilles CSS pour faire un rendu plus propre. Jusque là rien de trancendent : il vous faut installer l'addon firefox operator. Ce dernier vous proposera une barre d'outils détectant les données microformats. Vous pouvez alors importer ma vCard, affichez ma position géographique sur un plan...

Révolution

Si le simple fait de créer des réseaux sociaux nous à fait entré dans le web 2.0, on arrivera cette fois directement dans le web 10.0 : le fait de qualifier les informations sur internet est loin d'être trivial, c'est ce qui bride l'évolution des moteurs de recherche. C'est ce qui accroîtra encore les interactions possibles entre tous les logiciels au travers d'internet(nous rapprochant encore du monde imaginé par nombre d'auteurs de science-fiction) car la sémantique est une composante essentiel pour s'approcher d'une machine "intelligente" en lui faisant comprendre, en plus des mots, le sens.

Pour plus d'informations, consultez le site du groupe de travail microformats.

RMLL 2013, Jour 3 après-midi

L'après midi fut consacré à plusieurs conférences sur la création d'entreprises dans le logiciel libre. La Première, exposé par Clément OUDOT (Linagora) et intitulé « Vis ma vie de salarié d’une société spécialisée dans le logiciel libre » était un retour de son expérience au sein d'une société de services spécialisée dans les logiciels libre. Contrairement aux attentes, la contribution ne semble pas inculqué par la culture d'entreprise mais relève surtout de la volonté de l'employé.

Un trou dans le planning permit de faire un échange entre deux personnes cofondatrices de deux entreprises sous le régime de la SCOP (société coopérative) afin de vendre du développement de distribution linux pour les entreprises et l'éducation nationale. Ce statut semble privilégié par son aspect plus démocratique donnant à chaque salarié une voix pour s'exprimer.

La seconde était un autre retour d'expérience concernant la création d'une entreprise dans le logiciel libre. Animée par Nicolas CHARLES (Normation) et intitulée « La création d’entreprise, un long fleuve (pas si) tranquille » fut des plus instructives. Ces derniers ont préféré le statut de SAS pour sa simplicité et la possibilité de se lancer avec un faible capital. J'ai par la même occasion découvert un excellent produit pour la gestion de configuration nommé Rudder : outre la simplification du langage de CFengine sur lequel il s'appuie, il permet une vue claire de la configuration appliqué et permet un audit en temps presque réel de la configuration appliquée.

Malgré les problèmes de planning, les conférences étaient à l'habitude très instructives et remotivantes. Merci tout de même à l'organisation et vivement la prochaine édition qui semble conduite d'une main de maître ! Vous pouvez retrouver les conférences sur le site au fur et à mesure de leur ajout.

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